Je voulais être sainte, mais je t’aimais, toi, la fille

5 mars 2020 2 Comments

Je viens de lire « Dieu est amour » et j’ai envie de parler d’amour quand on est une fille qui aime une fille.

Ce livre raconte l’enquête d’infiltration des journalistes Jean-Loup Adénor et Timothée De Rauglaudre dans des groupes qui veulent guérir les homosexuels. Ça se passe en France. 

 

Je me suis revue entre mes 15 et 20 ans quand je fréquentais assidûment ces communautés et groupes de prières du Renouveau charismatique. À l’époque j’aurais tout fait pour être religieuse, sainte et martyre, puisque c’était présenté comme les choses les plus romantiques et extraordinaires à vivre pour plaire à Jésus. Ça me faisait peur et ça me fascinait. À l’adolescence, on est idéaliste, et moi j’étais la cible idéale pour le Renouveau Charismatique.

Je connaissais quasiment toutes les communautés religieuses mentionnées, les ouvrages, les auteurs, les groupes chrétiens.

J’ai fait la session courte de Torrent de Vie intitulée Torrent d’Espoir: un programme protestant implanté à Belleville destiné à guérir les troubles de l’affectivité – pour parler clairement: l’homosexualité.

J’ai rencontré Werner, le grand ponte de Torrent de Vie, qui m’avait d’ailleurs proposé de devenir accompagnatrice de leur programme. J’ai échangé avec l’association Oser en Parler quand la honte liée à ma sexualité m’a plongée dans un état misérable. J’ai lu les livres pour guérir de l’homosexualité d’Andrew Comiskey et de Leanne Payne. Je suis allée à Paray-le-Monial, j’ai chanté à Hillsong, j’ai guidé la prière à Paris Tout est Possible. Je suis allée chercher du réconfort à David et Jonathan après avoir été mise à la porte gentiment par Resucito, groupe dont j’étais la bergère, et dont les responsables n’ont pas supporté que j’aime une fille. Je connaissais bien le père Silouane des Béatitudes, je l’ai vu prier et faire tomber par terre des dizaines de personnes soi-disant visitées par l’Esprit Saint ou la Vierge Marie. Je suis partie aux JMJ avec les Béatitudes, j’ai fait un camp d’été et plein de weekends dans leurs maisons. Bien sûr j’ai vu les interventions de l’abbé Grosjean sur le Mariage pour Tous et la Manif pour Tous. J’ai lu les propos de Philippe Arino sur l’homosexualité; je lui avais écrit à l’époque, et quand ma position sur l’homosexualité avait changé, il était devenu bien virulent. Bien sûr je connaissais le cardinal Barbarin et monseigneur Rey. 

Je me suis récemment penchée à nouveau sur les abus spirituels, psychologiques et sexuels qui se vivent dans l’Église, et j’ai eu envie de vomir. Je ne vois que trop clairement combien la défaillance est systémique.

Je vois que j’ai été victime de l’Église, victime de son illusion séduisante et de ses dérives effrayantes, et il est temps que j’ose parler un peu plus fort.

Les évènements sont très précis pour moi: ma meilleure amie Camille est morte quand j’avais 15 ans, et à peine quelques mois après, j’étais engagée dans un groupe catholique charismatique, je décollais, je planais, je ne ressentais plus ma douleur. Pansement sur ma peine, pansement sur mes questions existentielles. Le paradis et l’enfer, tout devenait clair, dual, et je n’avais qu’à obéir pour trouver la paix. Plus besoin de penser par moi-même. 

J’ai envie de dire deux trois choses aujourd’hui, de lever ce silence qu’impose l’Église, parce que je suis écoeurée par l’homophobie intrinsèque à la doctrine catholique. Et écoeurée par ce culte du martyre de la pureté, culte de la souffrance, culte de l’abnégation de Soi.

Souvent, dans l’Église catholique, au lieu de laisser les personnes libres de faire fleurir des amitiés dans lesquelles l’attirance et l’intérêt sont réciproques, on nous encourage à vivre « la charité ». Cet « amour pour tous », comme c’était le cas dans mon groupe de prière, nous poussait à aimer tout le monde à égalité, sans préférence visible et assumée. On nous poussait à devenir amis avec les personnes avec lesquelles on avait le moins d’affinités, et à passer du temps avec eux. Du coup, au lieu d’aller évangéliser le samedi soir avec ton amie, tu vas aller parler de Jésus dans la rue de Versailles accompagnée d’un mec avec qui tu n’as pas du tout envie d’être proche, et qui parfois même te fait flipper.

Mais c’est ça « la charité » du Renouveau charismatique. C’est de faire exactement l’inverse de ce que toi tu veux vraiment faire. C’est passer du temps avec exactement la personne que tu ne veux pas voir. C’est briser les affinités personnelles. C’est s’assurer que rien n’est trop fusionnel ni trop intense. Et si tu fais ce que tu veux, on te dit que tu es orgueilleuse. Si tu as le malheur de dire que tu n’es pas d’accord, on te dit qu’on ne te reconnaît plus, que tu t’égares, que tu es sous influence. 

Et tu commences à te sentir à l’étroit dans ton faux costume de vierge parfaite, tu commences à étouffer mais tu sais si bien refouler, si bien céder et obéir au PATRIARCAT, que tu la fermes et que tu te courbes. Et tu tiens longtemps comme ça. 

Cette fausse charité, ça nous apprend à ne pas être présent au Moment, à Soi-même, et à l’Autre. C’est ça la vérité.

On joue tous le jeu et on joue mal. On serait une très mauvaise pièce de théâtre si on nous regardait jouer à notre charité. Tout le monde sourit et toi tu soupires, t’as juste envie de rejoindre la fille là-bas contre le mur et de prendre sa main. Mais tu n’y vas pas, parce que tu sais que les regards des responsables sont braqués sur toi, la future sainte, et ils s’assurent que tu ne te rapproches pas trop d’Elle, la fille que tu viens de rencontrer, la fille qui fout en l’air tous leurs plans de sainteté pour toi. 

Dans le groupe de prière où j’étais, on nous encourageait à nous couper d’un lien jugé dangereux, et par dangereux j’entends un lien qui nous pousserait à tomber dans le péché sale, mauvais, le pire: celui du SEXE.

Le péché du sexe dans lequel tu tombes à cause de la relation jugée « immature et trop affective », car tu comprends, tu n’as que 18, 20 ans ou 25 ans, tu n’y connais rien à l’amour, alors plutôt, signe une Charte dans laquelle un chapitre est consacré à la chasteté, vas-y signe que tu t’engages à renoncer aux relations immatures et trop affectives: aux flirts, signe que tu veux être vierge jusqu’à ton mariage, signe que tu ne sortiras avec personne tant que tu es engagée dans le groupe, vas-y, signe que tu vas essayer d’être un ange, d’être parfaite. Signe que l’homme est fait pour la femme et la femme pour l’homme. Et surtout oublie bien fort que tu es attirée par une fille. Ça n’a pas sa place, c’est contre-nature, c’est malsain, c’est malade. Ça ne doit pas exister.

Tu deviens folle quand tu es engagée dans un groupe comme ça à 20 ans et que tu tombes amoureuse d’une fille, que tu l’aimes vraiment entièrement, de tout ton coeur, que tu n’as jamais été aussi heureuse qu’en étant avec elle, mais que dans le groupe, tu vois bien les regards noirs, les regards suspects qui te checkent et te fliquent du début à la fin de la veillée de prière.

Tu le vois bien le prêtre chargé de guider le groupe, tu le vois quand il discute avec la responsable qui n’a que 5 ans de plus que toi, mais qui se permet de te dire que tu fais de la merde, que tu n’as plus les yeux qui brillent, que tu ne vas pas bien et qu’évidemment c’est à cause de son influence à ELLE, la fille qui « te regarde comme si elle voulait te manger et que c’est PAS NORMAL ».

Et le prêtre qui te convoque dans son bureau au presbytère de Versailles, avec la responsable en question, et que tu te retrouves assise face à eux qui te jaugent du haut de leur autorité, du haut de son col blanc à lui et de son étendard de Chasteté à elle. Et tu ne sais plus quoi dire face à leurs voix doucereuses qui te disent qu’ils s’inquiètent pour toi et pour ta tâche de leader, pour ta vocation de sainte, pour ton désir de pureté. Il est passé où alors ton désir de pureté? Bonne question. Moi je bredouille.

Je n’ai pas le sentiment de devenir impure en aimant cette fille, au contraire, j’ai le coeur qui éclate, je respire enfin après la mort de Camille, je respire et je ris, et je vis, et je bredouille face à l’Église qui me condamne. Je suis écrasée sous la culpabilité, sous la honte, sous ma colère refoulée, sous mes années de répression de ma pensée individuelle au profit d’une soumission exemplaire à l’Église Catholique. 

Je suivais aveuglément l’Église, je lisais le Catéchisme et les encycliques, et quand j’étais mal à l’aise, je refoulais ma gêne, je bloquais mes accès de conscience, parce que c’était ingérable de réaliser que je vivais un paradoxe, que je fonçais dans un mur. C’était trop violent de comprendre qu’approchait le moment où j’allais devoir me lever, et me casser. Me lever, et me sauver. Me lever, et aimer qui je voulais aimer.

J’avais une peur bleue, une peur monumentale d’assumer qui j’étais et ce que je pensais, j’avais bien trop appris à me dissimuler sous la robe de la fille sage, de la fille super-catho et missionnaire, super engagée dans tous les groupes, de la fille qui ne dit pas de gros mots et ne pose pas un mot plus haut que l’autre, de la fille qui ne dit pas non en fait. De la fille qui ne dit jamais NON. Qui se laisse abuser par l’autorité de l’Église. Qui obéit, même contre sa volonté, même contre sa conscience.

J’obéissais bien, très bien. Mes amis au lycée n’en pouvaient plus, ils me demandaient ce que MOI je pensais de l’homosexualité et pourquoi je disais que c’était contre-nature, et moi je ne m’autorisais pas à penser différemment de l’Église, et je répondais que je pensais COMME l’Église, exactement tout pareil, alors à quoi bon leur dire ce que MOI j’en pensais? Et je les rendais fous. Évidemment secrètement je désirais les filles. Et je me censurais. Et je désirais aussi les garçons. Et j’étais juste dans une confusion totale. 

Dans mon groupe de prière catholique charismatique, le désir c’était le péché. Privilégier une relation d’amour à une évangélisation de rue, c’était péché. Combien de fois mon téléphone a vibré (je me souviens que je ne décrochais jamais, j’avais trop peur d’être grondée, humiliée, qu’on me dise que je faisais tout mal, mais je ne savais plus comment faire pour être, pour vivre), mon téléphone vibrait parce que des responsables du groupe voulaient me dire que je ne montrais pas assez l’exemple aux jeunes, que je devais être bien plus présente dans le groupe. Et puis pour me dire aussi de ne pas toujours venir avec ELLE. Et puis aussi que durant les veillées, je ne devais pas rester à côté d’ELLE, ne pas trop la regarder ni lui sourire.

Quand  j’ai repris les rênes du groupe, l’ancien berger (celui qui guidait les veillées) m’a dit que j’avais le droit de connaître le for interne des jeunes, leur vie intime de coeur, de corps et d’esprit en gros, que c’était mon droit de bergère. Moi je me sentais affreusement mal à l’aise avec cette consigne, je ne voyais pas de raison valable à un tel envahissement intime, et je ne voyais pas comment moi, à 20 ans, je pourrais les conseiller ou les aider sur des questions archi persos. Ce que je me voyais faire avec les jeunes du groupe dont j’étais devenue la bergère, c’était aller au cinéma, à la patinoire, au resto. Ça, oui. Mais ça, évidemment, ce n’était pas assez évangélisateur, ce n’était pas assez spirituel, pas assez radical comme exemple et comme accompagnement de ma part. 

Ce qu’il aurait fallu, pour satisfaire l’ancien berger, le prêtre et la responsable, c’est que j’envahisse les jeunes de questions intrusives et qu’ils me répondent, et que je les oriente, les dirige. Presque comme un directeur de conscience en quelque sorte. Ce que je n’ai jamais fait, car moi j’étais toute occupée, toute bousculée à tomber amoureuse d’ELLE. J’étais toute à mon amour délicieux, à notre amitié littéraire, intensément artistique, musicale et joyeuse. Et bien sûr sensuelle, et bien sûr lentement charnelle. Et bien sûr au bout de quelques mois nous nous sommes regardées dans le blanc des yeux un soir en se demandant ce qui se passait, si notre irrésistible attirance était saine ou un péché.

On sentait bien qu’on s’aimait d’un amour cosmique, et qu’à partir de là, RIEN ne pouvait être péché ou sale.

Mais on était encore toutes les deux bien formatées par les propos de l’Église et ceux du groupe qui devenait de plus en plus radical, de plus en plus sectaire, et on avait peur, peur d’être jugées, attaquées, rejetées. 

On avait peur à juste titre parce que tout ce qu’on craignait est arrivé. Dès que les responsables l’ont su, qu’on s’aimait « trop », ils ont traité Nadiéjda comme une paria. Un soir que j’étais en voiture avec l’ancien berger, il m’a dit: « tu sais, dans la vie, il faut parfois se séparer de certaines personnes, car elles sont comme une gangrène, et comme c’est dit dans la Bible, si ta main te conduit à pécher, il faut la couper. Et tu vois, il y a des gens, ils sont comme la gangrène de ta main, et il faut couper la relation ».

Moi j’étais assise et je l’écoutais me parler, lui, l’homme qui avait autorité et qui savait qu’il m’impressionnait. Il me citait des versets bibliques en me conseillant de sa voix douce et troublante, sérieusement inquiet pour moi, de « faire très attention car l’homosexualité c’est très très grave ». En me disant de me protéger, et ça, « me protéger » d’ELLE, la mère de Nadiéjda me l’avait dit, sa mère, que j’avais croisée par hasard au supermarché, m’avait lancée du but en blanc « méfie-toi de ma fille ». Sa soeur aussi m’avait mise en garde l’été même de notre rencontre. Et maintenant l’ancien berger, et ensuite viendront le prêtre et la responsable. En garde pourquoi? Parce qu’elle aimait les filles.

Ils nous ont rendu dingues, ils nous ont fait pleurer à nous en étouffer. Ils nous ont fait peur. On s’aimait, toi et moi, et on avait 20 ans et 22 ans, on n’était pas des gamines. On savait que c’était vrai, réel. Ils jugeaient notre lien « immature », « trop affectif », dangereux, mais ils ne connaissaient rien.

J’aimerais que l’Église entière s’effondre, parce qu’elle ne porte plus le visage du Christ depuis longtemps. L’époque est à la conscience, pas à l’obéissance. On est à l’époque de l’initiative sociale portée par des individus libres, et non plus à l’époque de la monarchie et de ses sujets-esclaves. Il est temps pour de nouveaux paradigmes. Les dogmes de l’Ancien Monde doivent tomber en poussières. Il faut accepter la réalité, il faut accepter la complexité. 

Nadiéjda et moi, à l’époque, on a toutes les deux essayé de guérir de notre attirance pour les filles, on a essayé d’être moins proches, je l’ai même fuie pendant 6 mois, sans succès. Rien n’a marché, ça nous a juste blessées, blessées dans notre amour qui était si pur, si simple, si évident. On s’est confessées tant de fois pour demander pardon. Mais pardon pour quoi?! 

Tu n’es pas anormale si tu es une fille qui aime une fille. 

Tu n’es pas anormal si tu es un garçon qui aime un garçon. 

Tu n’es pas anormal. 

Si tes parents te proposent l’exorcisme ou la psychothérapie, tu as le droit de dire « je vous emmerde, je ne suis pas anormale, aimez-moi comme je suis, ou cessez de prétendre que vous m’aimez ». 

C’est véridique! Une amie que j’ai connue dans le groupe m’a confiée que lorsqu’elle a dit à ses parents versaillais qu’elle aimait une fille, voilà le choix qu’elle a eu: la psychothérapie ou l’exorcisme. 

L’Église est bloquée dans sa conception erronée de l’homosexualité et le livre « Dieu est amour » montre parfaitement que le chemin que propose l’Église aux homosexuels – la continence sexuelle – est un chemin de souffrances et de luttes quotidiennes. Il s’agit de devenir martyr de la pureté en renonçant à toute relation sexuelle et amoureuse. Mais pour quoi te prends-tu Église catholique pour dire que c’est le seul chemin de salut? Quelle folie! Quelle incompréhension de la nature humaine et de la destinée humaine. 

Une Rencontre est mystère, une Rencontre est sacrée. Pourquoi un homme et une femme sont bénis s’ils tombent amoureux et expriment leur amour en faisant l’amour; mais à l’inverse, si deux femmes tombent amoureuses, si deux femmes se disent leur amour dans le corps, alors c’est condamnable? L’Église doit arrêter de penser la vie humaine comme une trajectoire destinée uniquement à entrer au Paradis, dans ce ciel où le catholique louera Dieu pour l’Éternité. L’Église doit cesser de considérer le sexe comme le droit des hétérosexuels. 

Nadiéjda et moi sommes toutes les deux aujourd’hui en couple avec des hommes qu’on aime passionnément, et ces relations ne diminuent PAS notre amour l’une pour l’autre. Notre amour ne s’exprime plus sexuellement, mais il est toujours VIVANT, toujours BRÛLANT, toujours ancré dans le creux de nos êtres. Pour toujours.  Toute cette histoire est le thème dont je m’inspire pour la fiction que j’écris depuis 3 ans alors je ne vais pas m’étendre plus, mais je veux ajouter deux trois choses:

Je te rejette PATRIARCAT.

Je te rejette Église catholique.

Vous êtes la même Tête Reine Vipère à COUPER.

Trop d’années j’ai vécu en t’obéissant, Tête Reine Vipère à COUPER, pensant que je n’avais pas d’autre choix, pensant que je n’existais pas vraiment et pas assez si TOI tu ne me donnais pas ma valeur.

Église catholique et système patriarcal, c’est kif-kif, ce sont des hommes au pouvoir qui nous disent quoi penser et quand nous taire.

Des hommes d’Église qui me jugent d’aimer une fille à 20 ans et qui me séparent de ma soeur en m’assénant « je te l’ordonne, de par ma parole de prêtre »  (car ils avaient peur que je l’influence et ils voulaient la manipuler aisément). 

À l’époque bien-sûr j’ai ployé. Je me suis éloignée à grands pas en pleurant de rage quand il m’a interdit de parler à ma soeur, durant cette semaine de mission à Lyon qui a été un cauchemar pour Nadiéjda et moi. Cette nuit-là j’avais failli faire demi-tour pour lui casser la gueule au prêtre. Nadiéjda m’avait retenue. Tu avais eu raison mon amour. Mes mots aujourd’hui et mon roman demain seront plus fort que les coups que j’aurais donnés à l’époque et qui se seraient retournés contre moi. Car ils ont tout retourné contre nous, même les jeunes du groupe. Les jeunes qui les ont écoutés aveuglément quand ils ont viré Nadiéjda en lui interdisant de revenir dans la crypte où on priait.

J’étais trop docile à l’époque pour trouver les mots justes, j’étais trop soumise pour même avoir une pensée claire de ce qui m’arrivait et j’ai mis des années à mettre le doigt sur mon embrigadement dans l’Église et dans ce groupe de prière, Resucito. Je ne mesurais pas l’ampleur de ma soumission à cette autorité mortifère. 

Maintenant si. 

Et moi aussi, je me lève, et je me casse. 

ps: Ce sont mes peintures et mes photos (certaines prises par une amie).

pps: Je vous partage ces 3 clips dans lesquels mon corps danse exactement mes mots!