Le petit prince de l’air – Conte thérapeutique et pédagogique

18 septembre 2019 No Comment

Il était une fois un petit prince au cœur pur comme le vent. Il semblait tissé de la douceur même des nuages, et de la légèreté de l’air.

Il habitait avec ses parents, le roi et la reine des airs, dans un château tout en haut de la plus haute montagne. Si haut, qu’on aurait pu dire que le château était dans le ciel.

Le bonheur régnait dans le château. Tous les jours, le petit prince jouait avec les oiseaux et les chèvres de montagne, et il se réchauffait chaque soir près du feu, dans la grande salle du château, sur une peau de mouton moelleuse. Là, il écoutait chanter sa mère, qui avait le cœur pur et chantait comme les oiseaux du ciel.

Mais il advint, par une nuit glaciale et noire, qu’un violent tonnerre s’abattit sur le château et l’ébranla dans ses fondements. Le château fut coupé en deux, traversé par un éclair, et le petit prince fut précipité en bas de la montagne. Heureusement, tous les oiseaux de la montagne se précipitèrent pour amortir sa chute et il tomba doucement au sol, dans une clairière au milieu d’une grande forêt.

Sa couronne tomba à côté de lui.

 

Il se releva doucement. Il leva les yeux vers les airs et loin là-haut, tout en haut de la montagne, il pouvait voir le château, fendu en deux.

Il commença à marcher. Tout ce qu’il voulait, c’était retourner au château. Recouvert de blessures, titubant, les larmes aux yeux, il mettait un pied devant l’autre, courageusement.

 

C’est alors qu’il entendit une voix claire et pressante, 

une toute petite voix claire et pressante,

qui criait :

« N’oublie pas ta couronne ! »

« Je n’ai plus besoin de ma couronne, répondit l’enfant. J’ai un long voyage à faire.

‑ Tu as besoin de ta couronne, c’est sûr ! N’oublie pas ta couronne, reprit la petite voix claire.

‑ Non, je ne la veux plus.

‑ Moi je vis dans la couronne, et j’ai besoin de toi. S’il te plaît, n’oublie pas ta couronne.  Ne me laisse pas derrière toi. »

L’enfant fut sensible à ces dernières paroles, il revint en arrière et il se pencha vers sa couronne. Il la ramassa, elle brillait de mille feux, comme toujours, et autour volait en arabesques un être aérien, léger, sublime, délicat. Un sylphe.

Aussitôt, l’enfant l’aima.

Il posa la couronne sur sa tête, et il continua son chemin.

La suite sera publiée ce printemps dans mes
Contes pédagogiques pour une éducation bienveillante.

Celui-ci est un conte très thérapeutique, pour accompagner
à travers les gros chocs qui ont coupé la joie de l’enfant,
les traumatismes, les abus, les séparations, les deuils…
les évènements qui demandent une grande résilience
et où l’enfant risque de perdre son chemin individuel ;
et aussi pour les enfants qui n’arrivent pas à se concentrer,
happés par toutes les stimulations ou par les soucis.

Dessins 1 et 3 d’Alexandra Jacquin,
Dessin 2 de Kiyomi Fabian.
Merci à elles!!! 🌺