L’enfant aux oiseaux – Conte thérapeutique et pédagogique

23 décembre 2019 No Comment

Extrait:

Un jour qu’ils étaient assis ensemble, l’enfant fut prise de pitié pour un oiseau qui grelottait de froid et semblait tout étourdi sur la neige. Le gnome lui expliqua que c’était parce que l’oiseau n’avait pas trouvé assez à manger ce jour-là : en hiver, les oiseaux ont besoin de beaucoup de nourriture pour garder leurs forces, mais ils perdent aussi beaucoup d’énergie à en chercher, et parfois ils tombent de fatigue. Heureusement, l’enfant avait dans sa poche un morceau de pain pour son goûter, et elle donna des miettes à l’oiseau, qui reprit des forces et s’envola.

Les larmes aux yeux, l’enfant demanda au gnome : « Mais comment les oiseaux font-ils pour survivre à l’hiver ? Il fait si froid, il n’y a rien à manger ! Ça a l’air si difficile !

‑ Il y a quand même à manger tu sais ! Regarde cette mésange, perchée la tête en bas au bout d’une branche. Elle cherche les œufs et les larves d’insectes qui s’y cachent.

‑ Mais comment font-ils avec le froid ? Ils ont seulement des plumes pour les protéger… Et puis, est-ce qu’ils trouvent tous assez à manger ?

‑ Oh, ça dépend des oiseaux, répondit le gnome. Pense aux oies par exemple.  Tu ne les vois pas en ce moment. Avant qu’arrivent les grands froids, elles migrent vers des pays plus chauds.

‑ Mais c’est une merveilleuse idée, s’écria l’enfant ! Moi, je veux faire pareil que les oies ! »

Le lendemain, il y eut encore une dispute à l’école entre les filles. Elles étaient autour des balançoires dans la cour de récréation, et elles commencèrent à se parler durement pour savoir à qui c’était le tour de se balancer. La fille aux oiseaux sentit son cœur se serrer. Elle avait froid soudain comme les oiseaux en hiver. Mais elle se rappela les oies, et elle s’éloigna des balançoires avant que les choses n’empirent. Elle s’assit sur un rocher plus loin, au soleil, et pensa à de belles choses. Le sourire revint sur ses lèvres.

Plus tard, elle revint vers ses amies, tout était réglé et elles s’amusèrent joyeusement jusqu’à la fin de la récréation.

La petite fille quitta l’école en sautant de joie. « C’est parfait, se disait-elle ! Désormais, je vais toujours faire comme les oies, et partir où il fait chaud avant qu’il ne fasse trop froid ! »

Le lendemain, à la récréation, alors qu’elles bavardaient tranquillement, certaines des filles s’envoyèrent des paroles désagréables, et l’enfant aux oiseaux sentit son cœur se serrer. Aussitôt, elle s’éloigna et s’assit sur son rocher. Mais cette fois-ci, le sourire ne revint pas sur ses lèvres. Elle s’ennuyait toute seule, et elle voyait au loin que ses amies se disputaient et partaient chacune dans leur coin. Toute la récréation fut gâchée.

En sortant de l’école, la petite fille passa par la forêt, le cœur lourd, et elle raconta tout à son ami le gnome.

Puis elle lui dit : « Ce n’est pas une bonne idée finalement de faire comme les oies. Dis-moi comment font les autres oiseaux, quand il fait froid !

‑ Regarde ces petits étourneaux, répondit le gnome. Ils se rassemblent car la nuit va bientôt tomber. Ils se serrent les uns contre les autres en gonflant leurs plumes. Ainsi, ils se réchauffent.

‑ Ça c’est une merveilleuse idée, s’écria l’enfant ! Je vais faire pareil ! »

 

Le conte entier sera publié ce printemps dans mes
Contes pédagogiques pour une éducation bienveillante.

Celui-ci est un conte pour les enfants qui ont des difficultés sociales,
qui sont souvent entraînés dans des disputes,
qui ont du mal à trouver la juste attitude,
qui sont très émotifs et manquent parfois de légèreté.

Dessins 1, 3 et 4 d’Alexandra Jacquin,
Dessin 2 de Kiyomi Fabian   .
Merci à elles!!! 🌺