Les Témoins – Quelle est la vraie question politique?

15 mars 2020 No Comment

Je suis allée voir la pièce Les témoins hier soir.

Les acteurs sont géniaux, j’en avais déjà repéré certains au Festival d’Avignon et je les adore!

Ils passent avec brio d’une scène à l’autre, c’est toujours intense, dur, fracassant, irritant souvent ces personnages si réels, français, hystériques, fâchés, extrêmes, agités…

C’était à coup sûr une pièce intéressante, et je ne regrette en aucun cas d’être allée là voir.

Pourtant, j’avais une sorte de malaise…

Je me trompe peut-être, mais je vois très peu de probabilités dans le retour d’un vrai fachisme en France. J’ai peut-être complètement tort hein, et l’avenir le dira, mais n’empêche… ce n’est pas ce que je « lis » intuitivement dans les événements contemporains et les mentalités actuelles.

Pour moi le fachisme il est déjà là, mais caché au point de ressembler à un merveilleux père nourricier.

Les questions politiques qui se pressent dans mon cœur, du coup, c’est plutôt ça :

Où est la vérité? Comment savoir ce qui a été manipulé?

A-t-on oublié l’importance de douter de tout? l’approche philosophique, pour ne pas être des moutons?

Qu’est-ce que c’est vraiment qu’un virus? Comment il se propage? Comment il se déclenche? Qu’est-ce qui l’a déclenché? Qu’y a-t-il derrière tout ça?
Est-ce que réellement nos gouvernements ont la volonté de nous protéger? Y a-t-il des volontés cachées?
Qu’est-ce qui nous rend VRAIMENT malades?
Est-ce qu’on est en train de nous habituer un peu plus à obéir et à péter de trouille?

Comme avec le terrorisme…

Il serait si facile, si horriblement facile à n’importe quelle puissance de secrètement répandre une épidémie pour nous entraîner à cette peur des autres, cette peur de l’extérieur, cette peur d’un « mal invisible », cette confiance aveugle dans les autorités protectrices… toutes ces choses qui sont déjà bien inculquées grâce au terrorisme.

Bien-sûr les mêmes questions se posent sur le terrorisme, et sur tous les événements mondiaux. A qui ça profite? Qui le déclenche? Qui tire les ficelles? Pourquoi? Comment?

 

Moi ce qui me fait peur ce n’est pas la montée d’un fachisme ouvert, ce qui me fait frémir c’est quand je lis des commentaires de Français, si bien habitués à bien penser, à bien faire confiance au gouvernement… même dans leurs révoltes si françaises, ils sont tant à se ranger si facilement à la pensée dominante. À celle qui a été soi-disant prouvée parce qu’elle est officielle. Mais où sont ces preuves?

Moi ce qui me fait peur c’est Le meilleur des mondes.

C’est 1984.
C’est un bonheur factice acheté au prix de la liberté et de la personnalité. C’est une bêtise tranquille, qui se répand parce qu’il est si confortable d’accepter la vérité officielle comme la seule voix acceptable.

 

Du coup bien-sûr cette pièce était passionnante comme un film d’action, et prenante pour ses enjeux humains terribles (si tu te trahis toi-même, comment puis-je t’aimer? et qu’est-ce que ça veut dire se trahir soi-même? qu’est-ce que ça veut dire être intègre?)

Oh la la bien-sûr que ces questions humaines sont infiniment poignantes et que je me suis régalée devant la pièce.

 

Pourtant le malaise reste.

J’ai l’impression souvent qu’en focalisant nos pensées sur le danger du fachisme, on évite la véritable question politique.

Celle de la vérité, et surtout, celle de comment, individuellement, vivre sa vie pour que malgré toutes les manipulations qui nous assaillent, tous les dangers qui nous guettent, et toutes les choses qu’on ne peut pas savoir… que malgré tout ça, on vive notre humanité autant qu’on le peut.

Parce que je crois que c’est la seule solution.

Devenir plus humain.

Plus social.

Se transformer, se connaître soi-même, méditer, aimer, pouvoir vivre ensemble artistiquement.

Bref, la vie réellement philosophique et créative, la vie pleine de sens humain, la vie quotidienne pleine de simplicité et toute ouverte avec curiosité et sans trop de certitudes à toutes les complexités du monde,

cette vie-là, selon moi,

c’est la seule aujourd’hui qui peu à peu puisse faire triompher la vérité, la liberté, et la fraternité.

Même si ça prend du temps.

Je crois que c’est le seul chemin qui ne soit pas factice.

 

Alors bien-sûr, ça n’empêche pas que chacun accomplisse son « travail », sa mission de vie, ce qui est sa soif pour « servir » l’humanité. Et pour certains, c’est le journalisme, et c’est sublime ce métier, creuser les faits, informer, se mettre au service de la vérité. C’est sublime.

Mais si ça nous rend moins humains, ça paraît si dépourvu de sens.

Parce qu’on ne va pas la trouver d’un coup la vérité.

Ça ne sert à rien de s’agiter et de se détruire et de se mépriser les uns les autres.

Le processus de dévoilement de la vérité ne va pas se faire en un jour ni en dix ans,

mais vivre une vie vraiment humaine,

ça ouvre le chemin.

 

Et je crois que tous les sentiments, toutes les pensées, et bien-sûr toutes les actions, ont un poids phénoménal dans l’énergie vitale du monde.

Et qu’on ne peut pas croire aider vraiment le monde tout en l’avilissant de haines et d’agitation et d’opinion trop bien arrêtées et de dédain…

Non je crois au contraire que tout ce genre d’attitude ne fera qu’obscurcir le lent dévoilement de la vérité.

Et du coup, en voyant sur scène ces journalistes parler avec un ton hystérique, coupant, si peu humain,

et en voyant toute cette peur du fachisme,

j’avais l’impression finalement qu’ils se trompaient du combat.

 

Mais peut-être que je me trompe…