Violences médicales des femmes sur les femmes

18 juin 2019 No Comment

Hier mon mari m’a accompagnée pour une prise de sang, car il sait que j’en aie une phobie terrible. Il était si doux, si heureux, si incroyablement heureux de prendre soin de moi!!! Il me prenait dans ses bras, me caressait doucement, m’embrassait, me rassurait… Après mes expériences en France de dureté des infirmières face à ma phobie, j’avais très peur que nous soyons en train d’irriter le médecin. Mais nous n’étions pas en France, nous étions au Canada, et le médecin a été infiniment doux.

Il fondait devant ma vulnérabilité et devant le soin de mon mari.

Il m’a dit : « Tu es le bébé de Aron, alors je te mets une piqûre de bébé, ça ne va pas faire mal. »

C’était peut-être infantilisant, mais c’est exactement ce dont j’avais besoin à ce moment-là…

 

Ma phobie est extrêmement forte, donc je suais à grosses goutte, j’avais des larmes incontrôlables qui coulaient, et je m’excusais, et le médecin si doux : « Tu n’as pas à t’excuser, c’est normal d’avoir ces réactions si tu as une phobie. » C’est la première fois qu’on me disait ça au lieu de me culpabiliser.

Puis mon mari a eu une prise de sang, par une infirmière cette fois, et il m’a dit que j’avais eu de la chance, qu’elle était très efficace et dure et qu’elle n’aurait pas eu la patience et la douceur que l’infirmier m’a témoignées.

Et, prompte aux généralités, je me suis dit : « Donc ce n’est pas parce qu’on n’est pas en France, le pays des violences ordinaires, que cet infirmier a été si parfait avec moi… C’est parce qu’il est un homme. »

C’était en fait la première fois qu’un homme me faisait une prise de sang.

Mais ce n’était pas la première fois qu’un homme agissait de manière très juste et très douce avec moi dans un acte médical.

Oh les médecins hommes, toujours si doux avec moi. Et mon mari, si doux, si infiniment doux quand j’exprime simplement ma fragilité plutôt que de jouer à la forte que je ne suis pas… mon mari si protecteur dès que je suis « féminine » et que je vis avec simplicité et clarté et abandon mes moments de force et de faiblesse… mon mari si incroyablement paternel avec moi… 

Et à côté de ça, les femmes, les femmes, comme elles m’ont faite souffrir ! Cette infirmière gynécologique qui m’a brutalisée quand j’avais peur du speculum. Alors qu’avant elle, mon docteur si doux, voyant ma crispation paniquée quand il essayait de me faire un examen vaginal, m’a dit que j’avais des symptômes de femme abusée sexuellement, et qu’il n’allait pas me forcer, et il m’a tant rassurée, et il m’a encouragée à aller voir une femme infirmière pour cet examen, pensant que ce serait plus facile pour moi… s’il avait su, ah s’il avait su combien les femmes sont méchantes entre elles !!!

Pourquoi tant de femmes deviennent-elles si dures, si violentes, violentes oui! quand j’exprime une vulnérabilité ?! Est-ce par refus de leur propre vulnérabilité ?  Par dégoût à la vision d’une femme faible ? Par combat idéologique comme quoi il faut être forte pour prouver aux hommes qu’on n’a pas besoin d’eux ? Par épuisement parce que les femmes sont plus vulnérables au burn out au travail ? Pourquoi ? Pourquoi ?

Est-ce parce que les femmes sont plus fatigables au travail, avec leur cycle etc., et donc plus irritables, et potentiellement plus dures ?

Est-ce parce que les femmes se mettent une pression pour être « comme » les hommes au travail, et du coup n’osent pas entrer dans une posture maternante… alors que les hommes osent entrer dans leur côté paternel face à un(e) patient(e) vulnérable ?

Est-ce parce que dans la nature même des hommes, il y a un côté protecteur qui fond devant la vulnérabilité d’une femme… alors que cette même vulnérabilité irrite une autre femme ?

Est-ce parce que les femmes veulent être fortes et indépendantes, et sont irritées en voyant la faiblesse d’une autre femme ?

Est-ce parce que ces femmes ont été abusées, et que mes réactions « trigger » leurs propres blessures, les poussant à la froideur et à la violence pour se protéger ?

Est-ce parce que les abus que j’ai subis de ma mère continuent à m’affecter, me positionnent subtilement en victime, et encouragent les femmes à être abusives envers moi ?

C’est bien possible, car je pourrais aussi faire tout un post sur les violences au travail que j’ai subies de femmes… Et exactement les mêmes questions se posent.

Pourquoi? Pourquoi?

Et pourquoi ma mère aussi, si dure, si dure, si violente devant toutes mes fragilités, depuis ma toute petite enfance…

Parfois ce que je sens avec désespoir, c’est que les femmes docteurs, les femmes collègues, les femmes mères… sont méchantes car elles ne fondent pas pour ma faiblesse…

Heureusement que mon homme est pour moi comme une mère, comme un meilleur ami… un merveilleux amant et une mère…

Dans ma vie ce sont surtout les hommes qui ont su être des mères. Qui ont su consoler, rassurer, m’aimer dans ma fragilité… ne pas me refuser quand je suis fragile, quand je suis enfantine, quand je suis mignonne, quand j’ai besoin d’eux… mais craquer pour tout ça, fondre et prendre soin de moi…

Mais dans ma vie il y a une femme, UNE, qui est une vraie mère, une vraie mère pour moi, une vraie sœur, une vraie enfant… Une femme avec qui tout peut être transparent, où rien n’est limité par des idées sur comment il faudrait se comporter… Une femme avec qui je peux être tout moi, si enfant parfois, si sage et puissante parfois, si vulnérable souvent… Merci Paméla. Tu me fais croire à l’amitié femme-femme.